
« La culture du risque est bien différente d’un pays à l’autre ! »
Un système de capteurs d’émission de gaz permettant aux pompiers d’anticiper des départs d’incendie, une plateforme (ARbois DEchets Valorisation Innovation Environnement, ARDEVIE) de vérification de la qualité des déchets industriels après traitement, un institut de formation aux Sciences du Risque (à Ales)… Ces quelques exemples illustrent la capacité d’innovation des 130 adhérents du pôle de compétitivité “Risques, gestion des risques et vulnérabilité des territoires“. Au total, une centaine de projets ont été labellisés (30 ont obtenu un financement). Ils sont portés par de grands noms comme Thales Alevia Space (à l’origine du pôle), France Telecom R&D ou Areva et de nombreuses Tpe, Pme et bureaux d’études répartis en régions Paca et Languedoc Roussilon même si la plupart des entreprises adhérentes sont issues des Bouches du Rhône. « Nous avons cinq domaines d’intervention » explique Valérie Fernani, directrice du pôle à l’Europôle de l’Arbois à Aix-en-Provence, « le risque naturel (eau, feu, séismes), le risque industriel (plan de prévention technologique sur sites à risque, de type Seveso), le risque urbain et sanitaire, la sécurité au travail. Enfin, une thématique sur les technologies transverses permet de modéliser les différents risques en temps réel et de fournir ainsi aux décideurs locaux un tableau de bord complet des risques potentiels encourus sur leur territoire ».
Encourager le travail collaboratif entre entreprises et chercheurs
Une large place est accordée aux travaux collaboratifs entre chercheurs, universités, entreprises et collectivités territoriales qui sont les clients privilégiés du pôle. « Contrairement aux autres pôles de compétitivité, nous sommes davantage orientés vers des applications et le marché plutôt que vers la recherche » précise V.Fernani qui entretient d’étroites relations avec le pôle CapEnergies, « nous avons un projet en commun concernant la valorisation de la biomasse. D’autres sujets nous rapprochent comme le recyclage des panneaux solaires ». Sur le plan international, le pôle projette de créer un centre euroméditerranéen pour l’environnement et les risques (CEMER) et multiplie les initiatives et contacts : Turquie, Tunisie, Maroc…. « L’idée est que chaque pays du bassin méditerranéen se dote d’un centre d’analyses des données de prévention des risques naturels et industriels et que l’on puisse mettre en commun ces données afin de les valoriser. Mais les marchés du risque ne sont pas encore matures et la culture du risque est bien différente d’un pays à un autre !»
S.E & N.H

CapEnergies structure la filière énergies propres
Situé à Cadarache, le pôle de compétitivité CapEnergies œuvre au développement des énergies propres, « non seulement les énergies renouvelables mais toutes les énergies non génératrices de gaz à effet de serre : solaire, éolien, hydraulique, biomasse, hydrogène y compris le nucléaire » rappelle Cyrille Camélio, en charge des actions collectives et des missions internationales du pôle. Depuis sa création en 2005, CapEnergies n’a pas eu de difficultés à attirer de nouveaux adhérents (210 au total dont 110 d’entreprises : 80% de Pme et 20% de grands groupes tels EDF, Veolia, Areva ou Suez). « Nous enregistrons un adhérent supplémentaire chaque semaine et ce, sans gros efforts de prospection ». En effet, la maîtrise des dépenses énergétiques intéresse de nombreux acteurs : entreprises, centres de recherche, collectivités… « Certaines entreprises ont des projets et rejoignent le pôle pour trouver de l’aide, d’autres viennent chercher un réseau et sont à la recherche d’entreprises partenaires, de centres de recherche ou de clients potentiels ». Le pôle, via sa plateforme collaborative, joue alors pleinement son rôle d’animateur de réseau. Aujourd’hui, pas moins de 109 projets ont été labelisés (sur 141 présentés), « 62 projets ont été complètement financés. Un projet labellisé CapEnergies est un gage de crédibilité et une valeur ajoutée donnés aux porteurs de projets lorsqu’ils frappent aux portes des organismes financeurs. Notre rôle est de faire émerger des projets collaboratifs mais aussi de trouver des subventions » explique C. Camélio.
Des partenariats en Italie et en Allemagne pour trouver des complémentarités technologiques
Du dispositif “coupe veille“ mis au point par une Tpe et destinée à réduire les dépenses énergétiques des équipements de la maison (TV, lecteurs DVD…) à la réalisation de la première plateforme mondiale associant piles à combustibles et panneaux solaires (à Vignola en Corse) en passant par la création d’une usine à silicium dédiée au photovoltaïque à Château-Arnoux –Saint-Auban (Alpes de Haute Provence) autour de laquelle le pôle espère structurer la filière solaire, les réalisations qui voient le jour sont légion et très prometteuses ! Seul, l’éolien « avance lentement ». Les projets émanent surtout de minuscules structures méfiantes à l’idée de divulguer leurs “secrets maison“.
Au-delà de ces projets innovants, le pôle cherche à nouer des partenariats avec des clusters à l’étranger (en France, CapEnergies travaille avec les pôles Tennerrdis, Derbi, Risques et le cluster EcoEnergie) dans le but de faire de la veille mais aussi de trouver des complémentarités technologiques, « notamment pour répondre à des appels à projets européens ». Pour l’heure, deux accords ont été conclus, l’un avec le district technologique italien SIIT (Ligurie) et l’autre avec un centre allemand de compétences. En outre le pôle s’est associé aux chambres de commerce et d’industrie de Marseille Provence (CCIMP) et de Nice Côte d’Azur dans le projet Valor’innov qui consiste à détecter les entreprises qui ont des idées innovantes et à leur proposer un programme collectif d’accompagnement et de formation.
N.H & S.E |